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Les
Passetemps
Depuis 1992,
j'ai consigné des centaines de " Passetemps "dans des carnets
de format 10 par 15 cm. Je peux ainsi les emmener un peu partout
avec moi et la pratique des "Passetemps" constituei une sorte
de minimum vital de ma créativité.
La genèse
de mes " Passetemps " remonte à une période antérieure à 1992.
elle trouve ses racines dans les petits dessins que je faisais
de façon distraite, au lycée, pendant les cours les plus
ennuyeux de la journée, d'où ce nom. Peu à peu, Cependant, je
me suis mis à les dessiner non plus avec distraction mais au contraire,
avec attention.
Aujourd'hui,
La meilleure analogie que je puisse faire serait de les comparer
à des petits Haïkus graphiques. Comme ces poèmes japonais, les
"Passetemps" sont brefs d'exécution, d'une forme réduite, mais
visent à aller à l'essentiel. Au fil du temps, j'ai composé une
sorte de langage graphique tout à fait personnel, fait d'un assemblage
de formes et de symboles récurrents.
Je reste souvent
plusieurs semaines, voir plusieurs mois, sans toucher mes carnets
à "Passetemps". Ils traînent sur une des étagères de mon appartement
jusqu'au jour où j'éprouve le besoin de les mettre dans mon sac
: "quelque chose" me travaille. Que ce soit dans les cafés où
les transports en commun (les cahots de la route sont l'occasion
de produire des graphies intéressantes) je dessine de façon compulsive
ces motifs par séries. Je les décline sous de multiples variations
de traits ou de couleurs. Je tente de nouvelles combinaisons.
Je cherche un équilibre de composition ou de tension.
Mes "Passetemps"
sont plus une écriture que des dessins. Pour moi, c'est le signe
qui compte, où la façon dont les signes s'articulent, s'équilibrent,
se confrontent ou se conjuguent. C'est le sens mystérieux dont
ils sont porteurs qui m'importe. Car ces signes parlent. Leur
sens ne s'adresse pas à l'intellect mais appartient au domaine
de l'intuitif.
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