le site perso de Bruno Gheerbrant
> Accueil > Arts Graphiques > 1984-85-86
   
 

1984, 1985, 1986

 

 

Les dessins de cette section sont quelques-uns uns des plus vieux que j'ai conservé. Cette section serait d'ailleurs sans doute plus riche sur, suite à mon départ aux états unis, je n'avais pas perdu mes premiers cahiers de croquis et de dessins.

Jusque là, au collège et au lycée, j'étais bon en dessin. Je faisais souvent les dessins de certains de mes camarades de classe et c'est ce qui m'a permis d'avoir le brevet des collèges (merci M. Baiser, mon prof de dessin de la 6ème à la 3ème ).

En 1984, il a fallut qu'on se rende à l'évidence dans ma famille : je n'aurais jamais la bosse des maths et je soupçonne que mes parents se sont résigné à me voir m'orienter vers l'art et la littérature s'ils voulaient garder quelques espoirs que je décroche le BAC un jour. Bref, c'est cette année là que j'ai commencé à prendre des cours de dessin, dans une école de Wazemmes qui existe toujours, d'ailleurs. C'est à ce moment là que j'ai fait les 7 premières gouaches et le collage que je présente ici. J'étais plutôt "Baba cool" à l'époque et ce que je faisais traduisait plutôt des thèmes bien pensant comme l'antifacisme de rigueur pour tout jeune "rebelle" à la révolte formatée. Un peu moins habituel, sans doute: J'étais déjà farouchement anticommuniste.

L'année suivante, j'ai fait une seconde dans une section comportant des cours de dessins. On sent tout de suite dans mes dessins comme "géométrie d'une forme souple" et "Objet et temps" que je commençais à avoir une plus grande sensibilité artistique et d'autres influences. J'ai été très influencé dès le départ par les surréalistes, Yves Tanguy surtout. Au début de l'année 1985, je me suis lié d'amitié avec Jean Emmanuel Exbrayat, qui travaillait beaucoup avec des pastels et qui m'avait initié à cette technique.

Ce qui est intéressant, dans ces quelques dessins, c'est qu'on voit déjà se profiler les prémices de mes "passetemps". C'est en 1985 que j'ai commencé à en dessiner -sans leur donner ce nom- surtout sur des formats A4, malheureusement tous irrémédiablement perdus pour les raisons citées plus haut.

Pour une raison X ou Y, j'ai une obsession des formes et des signes dont les significations me sont inconnues. Peut-être ceux-ci fonctionnent-ils pour moi comme des taches de rochshah. Le texte qui accompagne un des dessins que je présente ici, créé en janvier 1986, qui ressemble à un diagramme ou à un idéogramme asiatique, évoque déjà cet aspect de ma pratique "artistique ".

" J'ai des idéogrammes qui me tournent dans la tête et qui m'arrachent au vécu, qui, comme les femmes amoureuses, se fardent pour me plaire et se décident un sens.
Chaque mot, chaque signe est un appel au rêve quand les définitions se perdent dans l'abîme des innocences et tombent dans le gouffre de mon ignorance "

Pourquoi cette fascination ? Elle me vient sans doute de la lecture de journaux et de revues médicales (mes parents étaient visiteurs médicaux) lorsque j'étais enfant, qui étaient truffées de mots dont j'ignorais la signification. Peut être aussi suis-je constamment en train d'interroger le monde qui m'entoure et suis-je en quête de sens…

 

 

 
 
Les Passetemps Thème: 1984 à 86, débuts Les Xérographies